Le microbiote vaginal

Saturday, August 1, 2020 | 2 months ago
Le microbiote vaginal
Qu’est-ce que c’est ?

A l’instar du microbiote intestinal, le microbiote vaginal désigne la communauté des différents microorganismes, principalement des bactéries, qui coexistent au niveau du vagin. Les lactobacilles ont un rôle important car elles constituent la majorité d’un microbiote vaginal sain. Des échanges bactériens sont possibles entre le microbiote vaginal et celui intestinal, du fait de leur proximité. Le vaginal est généralement dominé par une espèce de Lactobacillus (aussi appelés lactobacilles) comme L. crispatus, L. jensenii, L. gasseri et L. iners, mais il existe beaucoup de variations entre les populations, comme pour le microbiote intestinal (1). Tel que le reste du microbiote humain, le microbiote vaginal résulte sûrement de la co-évolution entre les bactéries et son hôte (l’humain), permettant à chacun d’y trouver son compte (2).   

Le rôle du microbiote vaginal

Le microbiote vaginal, et particulièrement les Lactobacillus qui le composent en majorité, agissent comme une protection contre les pathogènes. D’abord, en occupant la place qui, si elle était libre, pourrait être le lieu de développement de ces pathogènes. Les lactobacilles sont également producteurs de composés antimicrobiens comme l’acide lactique qui améliore le pH vaginal. En retour, l’hôte fournit aux bactéries les nutriments nécessaires à leur croissance (2). 

Un microbiote vaginal déséquilibré peut favoriser des infections comme la vaginose bactérienne, la plus courante chez les femmes en âge de procréer, qui a en France une prévalence d’environ 20% (3).  

La vaginose bactérienne

L’équilibre du microbiote vaginal peut être perturbé par un remplacement des espèces de lactobacilles dominantes par d’autres espèces comme Gardnerella vaginalis, la plus fréquente, Prevotella, Bacteroides ou encore Mobiluncus (4). Cependant aucune composition précise n’a été identifiée comme étant la seule cause de la vaginose. Celle-ci correspond donc surtout à l’état de déséquilibre du microbiote vaginal, dont on peut retenir trois indicateurs : une diminution du nombre de lactobacilles, une augmentation de la diversité bactérienne et une augmentation du pH (5). Il est important de continuer à étendre nos connaissances sur le microbiote humain pour pouvoir adapter au mieux les soins selon la physiologie de chacun.
Les douches vaginales, le tabagisme et l’absence d’utilisation de préservatifs sont certains des facteurs qui favorisent le plus la vaginose. A l’inverse, la vaginose est un facteur de risque important des infections sexuellement transmissibles, et peut provoquer un accouchement prématuré (2, 6).
La vaginose bactérienne se caractérise par des pertes grises odorantes, comme une odeur de poisson, et un pH plus élevé. Cependant, environ la moitié des personnes atteintes de vaginose n’ont pas de symptôme (7). Il existe deux principales méthodes pour identifier une vaginose bactérienne : le critère d’Amsel et le score de Nugent. Ces deux méthodes sont sujettes à l’interprétation des professionnels de santé. Une interprétation subjective, car comme par exemple dans le cas du critère de Amsel, on se base entre autres sur l’apparence des pertes et sur l’odeur qu’elles dégagent. Et dans le cas du score de Nugent, on se base sur le fait que les lactobacilles sont majoritaires pour un microbiote vaginal sain. Ces deux méthodes, quand leurs résultats sont comparés, présentent des variations. De plus, certaines femmes possèdent un microbiote vaginal équilibré sans que celui-ci soit dominé par des Lactobacillus (7). 
L’analyse génomique permet d’étudier plus précisément le microbiote vaginal en comparaison aux méthodes de culture et ouvre la porte de la médecine personnalisée à mesure que la recherche progresse (8).  

Des probiotiques pour un microbiote vaginal équilibré

Si vous pensez que votre flore vaginale a besoin d’un coup de pouce, il existe différents probiotiques dans cette optique sur le marché, comme Feminabiane® CBU de PiLeJe (Lactobacillus helveticus LA401 à 2,5x109UFC/gélule, 21€60 les 28 gélules), ERGYPHILUS® Intima de Nutergia (Lactobacillus acidophilus DSM 21717, Lactobacillus gasseri LMG 26661, Lactobacillus rhamnosus GG ATCC 53103, Bifidobacterium bifidum DSM 22892, Lactobacillus fermentum CECT 5716 à 6x109UFC/gélule, 15€99 les 60 gélules) ou encore Prolactik VG de Oligosanté (Lactobacillus reuteri, Lactobacillus crispatus, Lactobacillus rhamnosus, Lactobacillus plantarum, Lactobacillus brevis, Lactobacillus acidophilus, à 10x109UFC/gélule, 30 gélules pour 25€). En application locale, vous avez également Gynophilus®  du laboratoire Biose qui est composé d’une souche probiotique (Lactobacillus casei rhamnosus) et de prébiotiques.  

Mieux vaut éviter les douches vaginales, nocives pour la flore bénéfique. Si les symptômes s’aggravent ou persistent il faut cependant et en premier lieu ne pas hésiter à consulter un professionnel de santé.  

                        Par Laurence Sénéchal-Chevallier  


Références :

1.         Madhivanan, P. et al. Characterization of culturable vaginal Lactobacillus species among women with and without bacterial vaginosis from the United States and India: a cross-sectional study. J. Med. Microbiol. 63, 931–935 (2014).
2.         Ma, B., Forney, L. J. & Ravel, J. The vaginal microbiome: rethinking health and diseases. Annu. Rev. Microbiol. 66, 371–389 (2012).
3.         Vaginite bactérienne - Gynécologie et obstétrique. Édition professionnelle du Manuel MSD https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gyn%C3%A9cologie-et-obst%C3%A9trique/vaginite,-cervicite-et-maladie-pelvienne-inflammatoire/vaginite-bact%C3%A9rienne?query=Vaginose%20bact%C3%A9rienne%20(VB).
4.         Diao, Y. et al. Organism diversity between women with and without bacterial vaginosis as determined by polymerase chain reaction denaturing gradient gel electrophoresis and 16S rRNA gene sequence: Organism diversity with and without BV. J. Obstet. Gynaecol. Res. 37, 1438–1446 (2011).
5.         Dols, J. A. M. et al. Molecular assessment of bacterial vaginosis by Lactobacillus abundance and species diversity. BMC Infect. Dis. 16, (2016).
6.         Ling, X. Z. et al. Molecular analysis of the diversity of vaginal microbiota associated with bacterial vaginosis. BMC Genomics 11, 488 (2010).
7.         Chen, H.-M. et al. Vaginal microbiome variances in sample groups categorized by clinical criteria of bacterial vaginosis. BMC Genomics 19, (2018).
8.         Kalra, A., Palcu, C. T., Sobel, J. D. & Akins, R. A. Bacterial vaginosis: Culture- and PCR-based characterizations of a complex polymicrobial disease’s pathobiology. Curr. Infect. Dis. Rep. 9, 485–500 (2007).